Immatriculer en France un véhicule importé d’Ukraine suppose de réunir un dossier précis, dont certaines pièces diffèrent sensiblement de celles exigées pour une voiture achetée dans l’Union européenne. L’Ukraine n’étant pas membre de l’UE, le parcours administratif intègre des étapes de dédouanement et de conformité technique absentes pour un véhicule intra-communautaire. Quels documents préparer, et où les déposer ?
Arrêté de février 2025 : ce qui change pour la résidence normale des Ukrainiens
Depuis l’arrêté du 10 février 2025 relatif aux conditions d’établissement du permis de conduire, l’autorisation provisoire de séjour délivrée au titre de la protection temporaire est reconnue comme justificatif de résidence normale en France pour les ressortissants ukrainiens. Cette évolution réglementaire a un effet direct sur le dossier d’immatriculation.
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Jusqu’alors, prouver sa résidence stable en France posait un problème concret pour les déplacés ukrainiens sous protection temporaire : le justificatif de domicile classique (facture d’énergie, avis d’imposition) n’était pas toujours disponible. L’arrêté clarifie la situation en acceptant l’autorisation provisoire de séjour comme pièce recevable.
Ce même texte permet aux Ukrainiens protégés de s’inscrire aux épreuves du permis de conduire français, ce qui facilite ensuite la constitution d’un dossier complet de carte grise lorsque le permis étranger doit être échangé ou complété.
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Dossier d’immatriculation d’un véhicule ukrainien : pièces exigées
Le dossier à constituer pour un véhicule importé hors UE reste plus lourd qu’un simple changement de titulaire sur le territoire français. Voici les documents à rassembler avant toute démarche.
- Le certificat d’immatriculation ukrainien original (l’équivalent de la carte grise), accompagné si besoin d’une traduction assermentée en français réalisée par un traducteur agréé auprès d’une cour d’appel
- Le certificat de dédouanement (document 846A), délivré par les services des douanes françaises, qui atteste que les taxes à l’importation et la TVA ont été acquittées ou que le véhicule bénéficie d’une exonération
- L’attestation de conformité ou le procès-verbal de réception à titre isolé (RTI) délivré par la DREAL, qui confirme que le véhicule respecte les normes techniques françaises
- Un justificatif d’identité en cours de validité (passeport, carte d’identité ou autorisation provisoire de séjour pour les bénéficiaires de la protection temporaire)
- Un justificatif de domicile de moins de six mois
- Le formulaire Cerfa 13750*07 (demande de certificat d’immatriculation) rempli et signé

Véhicule importé hors UE contre véhicule intra-UE : comparatif des obligations
La différence de traitement entre un véhicule acheté en Allemagne et un véhicule importé d’Ukraine tient principalement au passage en douane et à la validation technique. Le tableau ci-dessous résume les écarts.
| Critère | Véhicule intra-UE (ex. Allemagne) | Véhicule hors UE (ex. Ukraine) |
|---|---|---|
| Dédouanement (846A) | Non requis | Obligatoire |
| Quitus fiscal (taxe sur les véhicules) | Oui, délivré par le service des impôts | Remplacé par le 846A des douanes |
| Conformité technique | Certificat de conformité européen (COC) souvent suffisant | Réception à titre isolé (RTI) par la DREAL si pas de COC |
| Traduction du titre étranger | Rarement nécessaire (documents souvent bilingues) | Traduction assermentée exigée |
| Contrôle technique | Oui, moins de six mois | Oui, moins de six mois |
| Justificatif de domicile | Standard | Standard (ou APS protection temporaire depuis 2025) |
L’écart le plus coûteux en temps reste la réception à titre isolé par la DREAL. Cette procédure implique un examen physique du véhicule et peut prendre plusieurs semaines, là où un COC européen est accepté sans inspection.
Démarche en ligne sur le site de l’ANTS : étapes concrètes
Depuis la fermeture des guichets carte grise en préfecture, la quasi-totalité des demandes d’immatriculation passe par le site de l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS). Les sous-préfectures ne traitent plus ces dossiers au comptoir.
La procédure en ligne se déroule en trois temps. Créer un compte sur le portail ANTS, puis sélectionner la démarche « Immatriculer un véhicule importé ». Le formulaire guide ensuite vers le téléversement des pièces numérisées : 846A, attestation RTI ou COC, traduction assermentée, justificatif d’identité et de domicile.
Une fois le dossier validé, un certificat provisoire d’immatriculation (CPI) est généré. Ce document autorise la circulation pendant un mois en attendant la réception de la carte grise définitive par courrier.
Pour les personnes qui ne peuvent pas réaliser la démarche en ligne, des points numériques en préfecture ou en maison France Services offrent un accompagnement avec un agent. L’agent aide à la saisie, mais le traitement reste dématérialisé via l’ANTS.
Cas du recours à un professionnel habilité
Les prestataires agréés par le ministère de l’Intérieur (garages, plateformes spécialisées) peuvent déposer la demande pour le compte du propriétaire. Ils facturent des frais de service en plus du montant des taxes. Ce recours est fréquent pour les dossiers d’importation hors UE, plus complexes à constituer.
Piège fréquent : le certificat de conformité absent ou incompatible
Le blocage le plus courant concerne le certificat de conformité. Un véhicule fabriqué pour le marché ukrainien peut ne pas disposer d’un COC européen, même s’il s’agit d’un modèle commercialisé en Europe. Les spécifications techniques (normes d’éclairage, compteur en km/h, norme antipollution) diffèrent parfois entre les versions destinées au marché européen et celles produites pour l’Ukraine.
Sans COC valide, la DREAL procède à une réception à titre isolé. Le véhicule doit être présenté physiquement, ce qui suppose qu’il ait déjà été acheminé en France. Vérifier l’existence d’un COC avant l’achat évite des semaines de délai supplémentaire.
Certains constructeurs délivrent un COC a posteriori, moyennant un coût variable. En revanche, pour les marques absentes du marché européen, la RTI reste la seule option.

Le dossier d’immatriculation d’un véhicule ukrainien repose sur trois documents-clés absents d’une procédure intra-UE : le 846A des douanes, la traduction assermentée et, dans la majorité des cas, le procès-verbal de réception à titre isolé. Depuis l’arrêté de février 2025, les bénéficiaires de la protection temporaire disposent d’un justificatif de résidence reconnu, ce qui lève l’un des obstacles administratifs les plus fréquents.

