Les pilotes motos légendaires qui ont marqué l’histoire

Gravir les sommets du sport, c’est une histoire de talent, de sueur et de légendes. Dans l’univers de la moto, seules quelques figures tutélaires s’imposent, celles qui marquent de leur empreinte le bitume des circuits et la mémoire collective. Cinq noms ressortent, cinq trajectoires hors normes, même si Marc Marquez, phénomène précoce, bouscule déjà l’ordre établi.

Marc Marquez, à 26 ans, vient de décrocher un sixième sacre mondial en MotoGP, après son triomphe éclatant sur le circuit de Thaïlande. Un palmarès déjà impressionnant : 53 victoires dans la catégorie reine, à un souffle de Mick Doohan (64), et sur les traces des monstres sacrés Giacomo Agostini (68) et Valentino Rossi (89). Marquez, c’est l’assurance d’avoir encore de longues années pour enrichir cette collection de trophées, là où d’autres, comme Rossi, continuent de repousser les limites à 40 ans. Voir Rossi assister, témoin direct, à l’ascension fulgurante de Marquez, c’est assister à la transmission d’un flambeau entre géants.

Avant de gravir, lui aussi, le sommet du panthéon, Marquez observe le Top 5 des pilotes qui ont fait basculer l’histoire du MotoGP. Voici ceux que Beside Sport a choisi de mettre en lumière.

Mick Doohan (Australie)

Mick Doohan, c’est la domination à l’état pur : cinq titres consécutifs en MotoGP, de 1994 à 1998, un règne sans partage. Mais la carrière du champion australien s’est brutalement interrompue en 1999, après un accident lors des essais du Grand Prix d’Espagne, qui lui a coûté une jambe et un bras fracturés. Plutôt que de s’accrocher coûte que coûte, il préfère tirer sa révérence avec dignité, refermant un chapitre de dix-sept années marquées par le panache et la vitesse pure.

John Surtees (Royaume-Uni)

L’année 1955 marque un tournant : Surtees devient pilote officiel chez Norton. L’année suivante, il offre à MV Agusta le premier d’une longue série de titres. Sur 35 départs, entre 1958 et 1960, il aligne 32 victoires, 35 podiums, 32 meilleurs tours en course : un taux de réussite hallucinant. Son armoire à trophées comptera sept titres mondiaux en 350cc et 500cc. Et comme si cela ne suffisait pas, il s’adjuge aussi la couronne mondiale en Formule 1, en 1964. Un cas unique : le seul champion du monde sur deux et quatre roues.

Mike Hailwood (Royaume-Uni)

Mike Hailwood, surnommé « Mike the Bike », a laissé une empreinte durable : neuf titres en Grand Prix, quatorze victoires au Tourist Trophy. Sa trajectoire s’accélère en 1961, quand il rejoint Honda et s’offre le triplé historique du TT (125, 250 et 500cc) en moins d’une semaine, tout en décrochant le titre en 250cc la même année. En 1962, il rejoint MV Agusta et devient le premier à aligner quatre titres GP500 d’affilée. Son record de l’heure, établi en 1964 avec une moyenne de 233 km/h au guidon d’une MV Agusta sur le circuit de Daytona, reste dans les annales. De retour chez Honda en 1966, il continue d’empiler les titres, autant en 250 qu’en 350cc. Comme Surtees, il s’illustre aussi sur quatre roues, preuve d’un talent polymorphe.

Giacomo Agostini (Italie)

Quinze titres mondiaux, 123 victoires : Giacomo Agostini domine le palmarès du Grand Prix moto. Dès son arrivée chez MV Agusta en 1965, il démontre l’étendue de son potentiel en signant sa première victoire au Nürburgring. S’ouvre alors une décennie de triomphes : treize titres (six en 350cc, sept en 500cc) sur la légendaire MV Agusta. Par la suite, il prend le pari Yamaha, s’adapte au deux-temps et ajoute deux couronnes à sa collection (350cc en 1974, 500cc en 1975). Son génie ne se limite pas à son coup de guidon : il sait aussi choisir les machines capables de sublimer son art, qu’il s’agisse de la MV Agusta ou de la Yamaha YZR.

Valentino Rossi (Italie)

À 40 ans, Valentino Rossi continue d’impressionner sur les circuits MotoGP. Accrocher un nouveau titre semble hors de portée, mais son parcours force le respect. Avec 115 victoires, battre le record d’Agostini paraît improbable, pourtant Rossi captive par sa persévérance, son esprit de compétition intact, sa capacité à se renouveler, à peaufiner chaque détail avec son équipe technique. Sa notoriété dépasse largement le paddock : il incarne la passion, l’engagement, l’inspiration. Pour sa collection de victoires, son incroyable longévité, son charisme, Rossi reste la référence absolue parmi ces cinq pilotes d’exception.

Les destins de ces champions se croisent, se répondent, et tracent la trajectoire d’un sport où chaque virage peut faire basculer une légende. Qui, demain, ajoutera son nom à cette liste ? Les moteurs tournent déjà.

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